Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

Maintenant

et ensuite ?

 

Le spectacle s’appelle StarFlight.

Ma tournée, c’est comme le pilotage d’un avion. Le décollage est plus facile que l’atterrissage.

Comment revenir sur terre après une telle expérience ?

Là, maintenant, au dernier jour de la tournée, j’ai encore quatre jours et quatre nuits à vivre en forain.

Ensuite, je ne sais pas.

Une sorte de petite mort. Ma viande sera là, mais quid de mes émotions, de mes sensations, de toutes ses relations, si fortes…

Le regard que j’ai sur le monde redeviendra celui du vulgus pecus.

Les gens ne me verront aussi que comme un citoyen normal, gris.

Je n’aurai que des souvenirs dans la tête et dans le cœur.

  et l’envie de raconter par l’image et les mots ce vécu si fort.

Mais c’est une autre histoire.

 

 

                                                   F    I    N

 

 


La Der...


Le bas de la liste des représentations nous arrive dans les dents.

On y est. Déja. Pour quelques unes, quelques uns, on sent le coup de blues arriver. Va falloir prévoir des Kleenex.

Pour d'autres, la libération est proche. La famille, les amis, les chéris bientôt tous réunis.

Comme toujours dans ces cas, La dernière réserve quelques surprises :)

 

La tournée est donc jouée. Cet après-midi, démontage du chapiteau. Retour au camp de base à Porrentruy. Ensuite, cerise sur le gâteau une petite semaine au festival BimBadaBoum à Chêne-Bougerie où nous montons le grand chapiteau bleu.


Fin de règne

Il ne reste plus que 2 shows en soirée.

Partout dans le cirque, ça sent la fin. Le mal du pays que quelques uns ont cultivé touche à sa fin. Les esprits se requinquent un moral plus gai.

Le matériel publicitaire, qui a bien souffert, retrouve un deuxième souffle. Prêt pour la tournée 2011.

Ma caravane est un terminal d'agence de voyage

et moi, je me prends encore une fois pour le roi du monde

Cet après-midi, démontage et transport vers la dernière place, Mellingen.

Ensuite, ce sera une dernière semaine à Chêne-Bougerie, pour le festival  BimBadaBoum


Bonne route

 

Vendredi, elle arrive au train de 14h00. 

Attirée par le monde du cirque, elle voudrait vivre cette expérience de travail et de vie, si particulière.

Elle voit le bureau, qui deviendrait son établi et découvre sa caravane au pied du chapiteau. La roulotte des douches et WC. Tout autour, c’est un enchevêtrement de fils électriques et de tuyaux pour servir chacun en courant et quelques uns en eau. Ceux dont la caravane n’est pas équipée pour recevoir la flotte du réseau, se servent sur l’un des deux chevalets installés au milieu des roulottes et remorques.

Elle nous découvre. Une trentaine de personnes qui ressemblent à des terriens, mais qui causent tantôt en suisse-allemand, en anglais, en espagnol, parfois en russe et très souvent dans un mélange coloré de tout cela. Des gens liés à cette communauté où l’essentiel est dit par des gestes, des regards et des contacts improbables sur terre.

Je la vois, perplexe, au bureau le jour; rayonnante, au service du buffet le soir.

Dimanche, elle arrive dans ma caravane, à 8h00, avec JM, sa valise à la main.

Après deux  nuits de solitude, elle n’en peut plus.

Les mots lui manquent pour expliquer son évidence. Qu’elle me pardonne d’avoir, à ce moment, trop parlé au lieu d’écouter ceux qu’elle ne peut pas dire !

 

Bonne route, ma belle, que les Dieux du Cirque te protègent. Ils ne t’en veulent pas, je le sais.

 

 


Entretien

Sur notre 4 mats, comme sur tous les navires, dès que le beau temps est là, les pinceaux sortent.

 

De même que toutes sortes d'outils !

Et on retape tout ce qui roule :)


Transports.

Passages alpestres délicats


Happy Birthday Alicia

Yury a laissé son costume de clown,

Larissa rayonne ...

... pour le 15ème anniversaire de leur grande Alicia.


Bifurcation.

Depuis 4 mois, j’ai de nouveaux amis. De Cuba, de Russie, de Mongolie ou d’ailleurs. Depuis 4 mois, nous vivons une communauté particulière. Nomade. Un peu gitans, un peu artistes. On nous envie, parfois on nous défie. (Juste à l’instant, la voiture de police fait son 4 ou 5 ème passage autour de notre camp). Nous sommes autres, hors de la norme sociale, dans notre monde. On ne peut pas dire que nous avons « nos » règles, mais nous avons nos usages, de spontanéité, de communications sommaires où le verbe n’a que peu de place. Le regard, le contact, complète, et parfois remplace, les mots.

Ces relations  ont une densité qui m’était inconnue. C’est chargé d’un vécu commun de tous les instants. La discrétion de la vie intime dépend de celui, de celle qui ne « veux » pas voir.

Alors, tout se sait. Peu se dit, et tout se respecte. Dès lors que j’ai assisté aux épisodes de vie des mes camarades, le mot respect prend une consistance particulière. La confiance est aussi nécessaire pour oser vivre cette communauté.

Depuis 4 mois, je vis ce présent. Que dis-je je le dévore comme un affamé et en même temps j’en savoure tous les instants, tel un gourmet.

 

Soudain, je mesure que l’échéance approche.

… et je me rends compte que pour chacun, cette date de péremption était connue, mais jamais évoquée dans sa dimension de fin de relation.

 

Curieuse et désagréable sensation.

 

J’irai peut-être à Cuba, à Oulan-Bator ou St. Petersbourg.

 

 


1er Août

Les camps sont finis, Joachim, Eliane et leurs enfants sont partis, séquence émotion...

 La vie trépidente continue néanmoins...   vaisselle dans un cadre peu ordinaire :)

 eau vraiment courante...

 confort des sixties

C'est aussi, en ce matin de congé une grosse balade pour certains

Cherchez bien, ils sont sur l'image....

ici :

...et l'agréable surprise du jour, nos amies cubaines, à la montagne.

Allez zamis, ce soir, on vous met le feu :) 


En montagne

 

Quelle transition !!!

De Lugano, avec son thermomètre qui se prend pour un ascenseur, on part à trois pour l’affichage et la publicité du côté de Zurich. Affoltern am Albis.

Et là, comme des pignouffles, on débarque en short et T-Shirt sous un ciel de salle de bain dans une ambiance de réfrigérateur. Achat en urgence de Jeans, K-ways et parapluie.

Bref, malgré le temps, la fatigue et les kilomètres, mission accomplie et retour au chapiteau, monté pendant ce temps, dans un cadre magnifique,

… et sous un ciel bleu :)